Ce moment où l’apprentissage est résistant
quand on se dit qu'on ne comprend rien à rien
’ai passé quelques heures à tenter d’approcher un sujet. Quand on sort de son domaine de prédilection ou de son « champ de compétences » comme on dit, la friction peut être forte et remettre en question nos propres représentations. Ça résiste, ça coince, ça passe pas. Pour l’instant.
L’enfant qui apprend ce qu’il ne comprend pas
Et je ne peux que penser à ces enfants que l’on confronte à des apprentissages dont ils ne voient pas toujours le sens, ni l’enjeu. Toute une une langue dont il leur faut comprendre les codes.
Sans compter la panique quand on leur met la pression.
Eh bien cet après midi lisant en anglais comme je pouvais, un article un peu complexe à propos de l’intelligence artificielle, un article demandant à sortir de mes propres représentations, j’ai retrouvé cet effort presque douloureux, presque physique, cette tension quand on se dit qu’on approche un concept mais qu’on ne fait que l’effleurer.
Lire, relire, reprendre, noter… se cogner, s’y recoller. Il n’y a pas que le cerveau qui transpire. J’avais chaud.
On se sent con
Ce n’est pas juste de l’orgueil, le fait de se sentir vexé.
On peut se sentir démuni et si on va chercher conseil, l’assurance de l’autre peut-être dévastatrice, jusqu’à ce que l’on comprenne que celui qui croit savoir ne sait pas forcément tout.
L’expert affirme et ne prend guère le temps de démontrer.
On connaît la formule des imbéciles prétentieux invités à la télévision : « c’est prouvé, de nombreuses études le disent ». On ne saura jamais lesquelles, ni dans quelles conditions elles ont été menées.
On se sent con parce qu’on ne trouve pas l’alignement, on n’est pas dans le flow de l’eurêka ! On est juste bête à manipuler des concepts qui s’entortillent. On ne parvient pas à démêler. J’approche, mais j’y suis pas.
Poser son ouvrage
Il faut parfois souffler un moment. Ne pas forcer. Il n’y a pas urgence. Ne pas se vexer, c’est inutile. Et si le texte n’était pas si clair ?
Il faudra que je le reprenne autrement. Surtout qu’il prétend démonter des idées fausses. Et j’en diffuse certainement des tas, malgré moi et des justes aussi non mais.
La première étape est déjà d’accepter d’apprendre, la deuxième d’accepter de désapprendre, de regarder autrement, de changer de paradigme et puis, quelque chose va venir.
Changer de regard, s’assurer que l’on comprend les mots, ne pas avoir peur de relire.
Oui, apprendre c’est comprendre parfois le contraire de ce qui flattait mon esprit, me confortait dans une approche.
Ça résiste. C’est comme les doigts qui accrochent au clavier quand l’accord ne passe pas. On a beau y revenir l’heure durant. Alors, on ferme le clavier, on revient le lendemain et miracle, le cerveau a tout rangé et ça glisse !
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