J’ai dormi 24 heures d’affilée
étrange sensation, se réveiller après avoir dormi 24 heures
’est en me réveillant avec une sensation de courbatures que j’ai vu l’heure. 8 heures. Mais c’est en vérifiant mon smartphone que j’ai compris que j’avais dormi 24 heures assis dans la gare.
Reprendre conscience
J’ai éprouvé du mal à émerger. Je ne sais pas ce qui m’a réveillé. La gare était déserte. Peut-être le courant d’air froid ou le jour qui commençait à se faire plus clair.
J’ai d’abord vu l’horloge entre les panneaux d’arrivée et de départ. 8 heures. Pas 20 heures puisque le jour se levait visiblement.
Avant de vouloir prendre le train et de l’attendre, j’étais allé visiter une classe où les élèves s’entraidaient. Une petite fille avec ses grandes boucles m’avait étonné par ses connaissances de très haut niveau. Le maître de la classe, d’allure assez classique mais débonnaire laissait travailler ses élèves et il faut avouer qu’ils apprenaient en se passant de lui. Il arrive que des maîtres empêchent d’apprendre. À mon réveil, j’avais en tête les images de cette classe au mobilier ancien. J’étais reparti émerveillé. J’avais encore cette impression au réveil.
Comme l’objectif d’une caméra qu’on règle pour faire le point, mes yeux prenaient leurs repères. Mes muscles aussi se rappelaient à moi. En m’endormant assis, j’avais pris une mauvaise position et souffrais un peu partout. Le plastique des chaises de la salle des pas perdus n’était pas complètement rigide et sa couleur orange avait quelque chose de rebutant.
J’ai fouillé dans mon sac pour prendre mon smartphone. La batterie commençait à faiblir.
Le jour d’après
C’est là que j’ai compris que je ne m’étais pas simplement assoupi en attendant le train. Je n’avais pas juste fait une sieste. Non seulement j’avais manqué mon train mais surtout j’avais dormi 24 heures.
Sensation terrible de me dire que les voyageurs, le personnel de la gare peut-être, toutes ces personnes étaient passées sans réagir. Je ne sais pas si cette gare fermait la nuit, mais on ne m’a pas dérangé.
On ne m’a rien pris, pas réveillé, personne ne s’est inquiété et je me suis retrouvé assis sur la même chaise 24 heures après.
Je ne savais même pas que l’on pouvait dormir autant.
Chose curieuse, aucun train n’était affiché ni sur le panneau des arrivées, ni sur le panneau des départs. La gare était vide et silencieuse ce qui me sembla étrange. En général, le matin, les gens prennent leur train pour aller travailler.
Je me suis levé. L’éclairage était allumé au guichet comme dans la salle d’attente, mais il n’y avait personne. J’aurais bien voulu être renseigné.
J’ai repris mon smartphone pour tenter de trouver une information, une possibilité de me connecter à un site ou un autre, mais les pages fixes ne donnaient sur rien. C’était d’ailleurs comme si tout était figé dans mon smartphone excepté la date et l’heure dont les chiffres se déroulaient accordés aux aiguilles de la grande horloge de la gare.
Je me suis alors approché de la porte de sortie, vers la place. Rien ne bougeait dehors. La porte s’ouvrait sur le parking vide, mais je ne pouvais avancer. Il ne m’était possible que de reculer vers la salle d’attente.
C’est après plusieurs essais infructueux, que je compris que j’étais mort.
Notez-vous vos rêves ?
Je le fais rarement, mais celui-ci très puissant m’a réveillé très tôt. Ce qui m’a vraiment frappé c’était l’importance des sensations, des images.
Je me suis retrouvé comme expulsé de mon rêve, assis dans le lit, plus étonné qu’effrayé. Ce que je me disais surtout avant le premier thé, c’était : « on m’a laissé mourir sans réagir. » Pas de reproche adressé à quiconque, mais je me suis dit que ce serait comme ça dans la vraie vie, raison pour laquelle il faut bien préparer sa mort.
L’image de la gare muette, de la salle d’attente vers un voyage qui ne se dit pas, un voyage sans destination après un long sommeil, est aussi assez frappante. Elle ne colle pas du tout avec l’idée que je pourrais me faire de la mort…
Et vous ? Notez-vous vos rêves ? En avez-vous d’aussi surprenants ?
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