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La voiture est chez le garagiste

en attendant de récupérer l'auto chez le garagiste

VincentBreton.fr
Oct 12, 20264 min read

i cassée, ni malade, mais âgée. L’auto est en révision « normale » chez le garagiste. Anodine, la visite inquiète le porte-monnaie comme sur la longévité de la mécanique. Ici, sans bagnole, t’es mort.

Un chouette artisan

J’ai trouvé un jeune garagiste passionné. Il ne représente pas une marque mais son plaisir visible est de restaurer de vieilles voitures et de les remettre en piste. Dans son atelier la moyenne d’âge ne doit pas dépasser la trentaine. La boutique tourne avec attention, bonne humeur et bienveillance.

Ça change de ces concessions où l’on vous regarde avec dédain si vous ne venez pas avec un véhicule haut de gamme. On dirait des cliniques privées aseptisées. Le responsable de l’accueil reste longtemps devant des écrans mystérieux. Il formule son diagnostic en chuchotant dans des termes abscons et si vous avez le malheur de demander une explication vous avez le sentiment d’être indigne ou inculte ou les deux. Petite touche de masculinisme offerte en sus.

Ça change aussi du garagiste de mon grand-père, toujours la clope au bec, qui oubliait ses outils partout, laissait des taches de graisse sur le volant et avait une fois interverti les essuies-glaces et les clignotants… ce qui au final était assez drôle.

Donc je préfère mon garagiste même s’il est à 5 km de la maison. Aujourd’hui il avait prévu une voiture, mais non ! Je préfère profiter de l’occasion et revenir en passant par la rivière!

Sans voiture t’es mort

Il est possible de faire quelques courses au village. Mais la plupart du temps pour se soigner, se cultiver, trouver ce qui manque, il faut bouger. Certains vieux sont reclus et si le cadre est superbe, ne pas pouvoir conduire, disposer de très peu de moyens de transport en commun ça complique la vie.

Si un ami vient de Paris, la gare la plus proche est à 50 minutes. Si tel autre veut venir d’un village même pas si éloigné et n’a pas de véhicule il faut rouler pour aller le chercher et le raccompagner.

Les routes ne manquent pas, mais les virages, les côtes et descentes non plus.

Les stoppeurs ici, on ne les laisse pas en rade. Il leur faut parfois être patients avant que quelqu’un ne passe.

Il peut geler, il faut de bon pneus et la canicule a éprouvé les véhicules.

J’en croise souvent dont on se demande s’ils ont passé le contrôle technique. Ils puent plus que les tracteurs.

Sur les routes du causse du Quercy, on voit de petites anglaises, des vieilles 2CV, de grosses voitures ou les fameux camping-cars qui se font des frayeurs en frôlant la falaise. Je vous passe les motards et les chevreuils. Ces derniers peuvent bondir soudainement, alors on apprend à être attentif et prudent.

Le département de l’Aveyron a opté pour le 90 km/h. Certains pensent que c’est la vitesse en dessous de laquelle il est interdit de rouler. Le Lot voisin roule à 80 km/h ce qui fait le délice des gendarmes. Je roule à 80 au mieux partout et beaucoup moins en moyenne car j’ai le goût des départementales perdues et tordues.

« Pensez à privilégier les transports en commun » dit la radio. Le premier bus doit être à deux kilomètres d’ici et passe à des heures tenues secrètes.

Comment font les gens en situation de précarité ? Et ces familles où le père, la mère et le fils doivent partir chacun dans trois directions différentes à des horaires différents ?

Mine de rien, on s’inquiète

Ma voiture, plutôt robuste et pas chère au départ, s’use sur de petits trucs qui demandent à ce qu’on veille au grain. Et puis il suffit de peu pour que les dégradations s’enchaînent. Alors malgré le prix des carburants, je m’évertue à la faire durer.

Il y a toujours la peur que le « docteur » ne trouve une maladie cachée, un problème invisible et sournois et qu’il faille dépenser de l’argent supplémentaire. Je n’ose pas chiffrer et c’est vrai que la TVA est tout de même lourde quand il s’agit de sécurité sur la route.

On saurait probablement fabriquer la voiture quasi inusable. L’électronique ajoute une touche de mystère. Après tout la 4L de Papé, je comprenais presque comment ça fonctionnait.

Parfois je me demande si ce sera ma dernière ou mon avant-dernière voiture. Parfois, je pense encore à Galou pour qui elle avait été achetée en raison de son grand hayon qui permettait d’accueillir ce grand monsieur de plus de quarante kilogrammes. En nettoyant la voiture hier (car on se lave toujours avant d’aller voir le docteur chez nous), j’ai trouvé encore quelques poils lui appartenant. Presque un an après. Où met-on la nostalgie ?

Là, moins de deux heures avant d’aller la récupérer, j’espère « qu’il n’aura rien trouvé ».

Je m’inquiète bien plus de la santé de la voiture que de la mienne ! Je vais bien plus souvent chez le garagiste que chez le médecin. Pour mon entretien personnel, je m’en charge moi-même !

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