Le sourire des musiciens
un concert épatant et roboratif avec l'Orchestre National du Capitole de Toulouse
ais ce plaisir ! Mais ce bonheur ! Ils étaient épatants, ils étaient souriants. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse était à Figeac ce 9 octobre 2026. Un sacré programme roboratif où public et orchestre faisaient chœur.
Lio Kuokman
Il est né en 81. Pianiste, chef d’orchestre, il collectionne les prix et voyage de Macao à Toulouse, de Tokyo à Hong Kong en passant par les États Unis. Il ne dirige pas l’orchestre, il danse. Il est magnétique, élégant, nerveux, engagé et drôle. Nul doute qu’il sait ce qu’il veut. Ce qui frappe, c’est la façon dont il transmet son énergie à l’orchestre tout entier. De la joie pure qui se lit sur le visage des musiciens.
Soliste et musiciens tous épatants
N’en déplaise aux crétins, l’Orchestre de Toulouse accueille des musiciens venus de partout. Belle démonstration qu’on sait se retrouver dans le langage de la musique.
Le pianiste argentin Nelson Goener était là. Magnifique d’intensité et de poésie. Lio Kuokman guettait ses mains qui dansaient incroyables sur le clavier.
Fazil Say
Le programme commençait avec Le Grand Bazar de Fazil Say. Grand bonheur de redécouvrir le répertoire de ce pianiste et compositeur turc de 56 ans . Plusieurs de ses œuvres ont été interdites en Turquie. Je me souviens de son énergie déjà perceptible dans ses premiers enregistrements quand il était tout jeune. La musique, au service de la liberté.
Strauss et Rimski-Korsakov
Le Burlesque de Strauss est une pièce virtuose, une œuvre de jeunesse qui est tout sauf simple. Même de très jeunes enfants près de moi ont été pris.
Orient rêvé ou revisité…
La Sheherazade de Rimski-Korsakov revisitée pour nous, était-elle fougueuse, vive ? Il paraît qu’on accélère de plus en plus. Le chef connaît la partition par cœur, il sait mener le grandiose mais ne néglige ni les nuances, ni l’ampleur. Les solos sont valorisés et je pense que si les musiciens sont heureux de jouer c’est aussi parce que le chef sait valoriser chaque talent, chaque couleur, chaque instrument.
Oui, du programme aux musiciens, tout était cosmopolite.
Vive les orchestres vivants !
Si autrefois je pouvais écouter beaucoup de musique dans mon salon, plus que jamais j’ai du vrai bonheur à voir et entendre un orchestre en chair. Les musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse ne sont pas des bureaucrates guindés derrière leur pupitre. Ils communiquent entre eux, ils se sourient, se regardent, s’encouragent.
La salle était pleine. Beaucoup de vieux, quelques familles. J’ai trouvé merveilleux d’avoir près de moi de jeunes parents avec des enfants de moins de cinq ans. Quelle chance ils ont ces titous ! Il faudrait beaucoup plus d’orchestres partout et que les jeunes puissent en profiter. Ce serait chouette d’avoir un jour un ministère de la Culture !
Bilan de la soirée : de la joie, de l’admiration, de la gratitude.
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